SUKKWAN ISLAND, Davis Vann



Une île sauvage du sud de l'Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C'est dans ce décor que Jim décide d'emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'échecs personnels, il voit là l'occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu'il connaît si mal. Mais la rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable.

SUKKWAN ISLAND
DAVID VANN
TRADUCTION : LAURA DERAJINSKI
EDITIONS GALLMEISTER
25 AOUT 2011
208 PAGES
ALASKA, RELATION PERE/FILS




David Vann. Un auteur dont je croise les romans chaque jour à la librairie. Parfois quelques clients qui me parlent de ces livres, me recommandant d’en dévorer immédiatement les pages. Finalement,
c’est par un hasard que je me lance dans la lecture. Un ouvrage dans une étagère lors des vacances. Un format poche. Lecture plus aisée. Du roman, je n’en ai entendu que des échos positifs, des avis évoquant la noirceur du récit ; de quoi me plaire.

SOCIETY, I HOPE YOU'RE NOT LONELY WITHOUT ME

Alaska.
Une cabane isolée sur une île.
Vivre en autarcie.
Se croire survivants.

Un père (Jim) passe des vacances avec son fils (Roy) sur une île en Alaska. Tout débute comme sur une carte postale. Rêve de trappeur. Retourner à l’état sauvage. Ne plus se soucier de la civilisation qui n’apparaît qu’avec un avion venant déposer les vivres mensuellement.  Construire un logement, trouver de la nourriture. Besoins basiques à satisfaire. Des les premières pages, on s’imagine un voyage. Une balade au cœur de la Nature. 

AND YOU THINK YOU HAVE TO WANT MORE THAN YOU NEED, UNTIL YOU HAVE IT ALL, YOU WON'T BE FREE

Alaska. Terre oscillant entre hostilité et accueil des valeureux. L’île est bordée d’une forêt, habitée. Ours, cerfs, élans et autres bestiaux occupent les terres, s’insurgent d’une présence sur leur territoire. Pourtant, la forêt, il faut l’affronter, oser y pénétrer, savoir se faire accueillir des centenaires hérissés.  Chaque excursion est synonyme de crainte. Peur d’une chute. Terreur de croiser un ours. Nécessité d’abattre un animal pour se nourrir. 

AND WHEN YOU THINK MORE THANT YOU WANT, YOUR THOUGHTS BEGIN TO BLEED

Roy et Jim sont les uniques personnages. Deux voix. Deux chemins de pensées qui diffèrent. Huis clos en pleine nature. Du père, on ne comprend pas son absence de préparation à la survie. Lui qui croit pouvoir s’en sortir, aider son fils, mener une vie durant l’hiver. Manuel du castor junior qu’il semble avoir égaré dans une malle.  On ne s’improvise pas survivant sur une île, entre les murs d’une cabane branlante. Le danger souffle à chaque erreur. La terreur égratigne lentement les espoirs des personnages. Des avertissements qu’ils semblent recevoir à chaque pas de côté. Rentrez chez vous. Eloignez-vous. Descente aux enfers. Chute vertigineuse. 

« Il commençait à se demander si son père n'avait pas échoué à trouver une meilleure façon de vivre. Si tout cela n'était qu'un plan de secours et si Roy, lui aussi ne faisait pas partie d'un immense désespoir qui collait à son père partout où il allait. »

Un huit clos haletant où le danger n’est pas la nature mais les deux personnages. Leur violence. Leur incapacité à s’entraider. Haine et sentiments épars mènent à la déclinaison de leur voyage idyllique. 

citations : eddie vedder, society.

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